Dans les pas de Michel, Nicolas. Dans les pas de Nicolas, Théo : trois générations, un même métier.

Chez Constantin, le métier se transmet d’une génération à l’autre. Nicolas a suivi la voie de son père Michel, resté plus de quarante ans dans notre entreprise. Aujourd’hui, c’est son fils Théo qui bâtit sa carrière dans le même métier. Entre préservation des valeurs humaines, évolution technologique et avenir du secteur, cette interview croisée rappelle qu’une tradition familiale peut encore s’inscrire dans la culture de l’entreprise. 

Marcher dans les pas de son père, dans le même métier, puis dans la même entreprise, ce n’est pas anodin. Nicolas, qu’est-ce qui vous a amené à suivre cette voie ?
Bien que j’aie été un élève studieux, je ne me voyais pas poursuivre un cursus universitaire. Mon père travaillait déjà dans le métier, et j’ai commencé par faire des jobs d’été avec lui. J’ai découvert cet état d’esprit particulier que l’on trouve sur les chantiers, avec le sentiment d’appartenir à une confrérie. Cela m’a donné envie de rester et, en septembre 1998, je suis entré chez Constantin pour ne plus en repartir. 

Votre père travaillait déjà dans l’entreprise ?
Oui. Mon père, Michel, a passé plus de quarante ans chez Constantin. Il a commencé comme ouvrier, puis il est devenu chef de chantier, avant d’occuper des fonctions de technicien sanitaire, pour finalement accéder au poste de directeur d’exploitation. Quand je suis arrivé, je ne travaillais pas directement avec lui, mais avec les équipes qu’il encadrait. Ce qui est touchant, c’est que certains ouvriers avec qui j’étais apprenti sont restés avec moi pendant des années. Un jour, je suis devenu leur responsable, et cela n’a jamais changé notre camaraderie. 

Vous êtes chez Constantin depuis longtemps. Qu’est-ce qui a le plus évolué dans le métier ?
J’ai fêté mes 27 ans d’activité en septembre 2025 et, quand je regarde le métier aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir changé de planète. Quand j’ai commencé, on soudait encore les installations. On travaillait essentiellement avec le cuivre, tout se faisait à la main. Aujourd’hui, on sertit, on utilise des matériaux plus légers, des systèmes plus rapides. Une salle de bains qui demandait deux ou trois jours de travail à l’époque peut aujourd’hui être réalisée en une journée. Notre savoir-faire existe toujours, mais la dynamique a changé. On doit aller plus vite, être plus précis et respecter davantage de normes. 

 

Théo Delachat et son père Nicolas.

Théo, vous avez 21 ans. Vous appartenez à une génération qui a grandi avec Internet, le numérique, l’intelligence artificielle… et vous choisissez un métier manuel. Comment voyez-vous votre avenir ?
Notre métier va continuer à évoluer, mais il gardera toujours cette composante manuelle qui le rend attrayant.
La technologie aide, mais elle ne remplace pas tout, et on aura toujours besoin de personnes sur le terrain. Je m’inquiète moins pour l’artisanat que pour certains métiers du tertiaire. Dans notre profession, on voit ce qu’on fait. On apprécie le résultat concret, aussi bien dans la réalisation que dans la fonction, et c’est très motivant. 

Qu’admirez-vous chez votre père dans sa pratique professionnelle ?
Sa maîtrise du projet global. Mon père a commencé sur le chantier, donc il sait comment chaque étape se déroule réellement, que ce soit dans la gestion ou dans les phases techniques de réalisation. 

Cet esprit d’équipe dont parle votre père, existe-t-il encore aujourd’hui ?
Oui, bien sûr. L’entraide compte beaucoup. Pendant mon apprentissage, j’ai travaillé avec des collègues qui partaient à la retraite. Ils m’ont transmis cette mentalité. Quand on travaille ensemble depuis longtemps, quelque chose de fort se crée entre nous, et se cultive. 

Nicolas, que souhaitez-vous à votre fils dans le métier ?
Qu’il continue à se former. Si le CFC est un précieux sésame, on peut aller plus loin. Les métiers deviennent plus techniques, plus normés. Chez Constantin, on tient à la qualité. On travaille avec de bons matériaux, on respecte les règles et on veut livrer un travail sérieux. Pour cela, il faut se former en continu. Je pense que ceux qui s’en sortiront le mieux dans les années qui viennent seront ceux qui auront le plus de formation, associée à la rigueur défendue par notre entreprise. 

Le métier se complexifie, mais reste-t-il passionnant ?
Théo. Oui, parce qu’il évolue. On nous demande plus qu’avant, mais on apprend aussi plus qu’avant. C’est plus compliqué, mais c’est aussi plus intéressant. 

Théo, qu’est-ce que vous diriez à quelqu’un qui hésite à se lancer dans ce métier ?
Je lui dirais que c’est un métier noble par le fait que nous voyons le résultat concret de ce que nous faisons pour les utilisateurs. Se sentir utile à la société est une grande source de satisfaction. 

Nicolas, ressentez-vous toujours cette fierté après toutes ces années ?
Quand on sait travailler de ses mains, on possède une forme d’autonomie personnelle. On construit, on répare, on comprend, pour nous-mêmes, mais aussi pour notre entourage.