Il n’y a pas de long fleuve tranquille dans le bâtiment

Les effets de la crise sanitaire confrontent notre secteur d’activité à l’augmentation du coût des matières premières et aux conséquences qui en résultent, à savoir la frilosité des maîtres d’ouvrage à engager de nouveaux projets. En réaction à cette contraction, la guerre des prix, qui est une habitude déjà bien ancrée dans notre profession, promet d’être impitoyable.
Une réaction simpliste si l’on en croit la récente étude PWC consacrée au secteur suisse de la construction, car le nivellement des prix provient en réalité de l’incapacité des protagonistes du marché à se différencier, ce qui les condamne à sacrifier les marges pour survivre.
Outre le danger mortel pesant sur ces entreprises, leurs partenaires et leurs clients, une bataille concurrentielle fondée sur le « moins-disant » n’engendre que des calamités : effondrement de la qualité, des salaires, des qualifications, de la réputation.
C’est ennuyeux quand on sait que le bâtiment contribue à près de 15 % du produit intérieur brut national et qu’associé au génie civil, il représente environ 330 000 emplois à temps plein, à savoir un tiers de l’ensemble des salariés du secteur industriel.

Face à cela, CONSTANTIN SA a fait le choix de maintenir une qualité artisanale irréprochable en accentuant sa compétitivité au travers d’un certain nombre d’aspects, que l’étude PWC relève par ailleurs comme étant déterminants : une compétence particulière dans les projets complexes, en construction ou rénovation, une concentration sur notre métier avec des prestations clairement définies et une totale transparence dans nos prix. Mais aussi le choix d’une taille d’entreprise nous permettant de maîtriser nos coûts et nos processus, une exigence accrue dans la compétence et la mise à niveau des collaborateurs, et l’implémentation d’outils de gestion digitaux.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à une législation sur l’environnement de plus en plus stricte, qui ne doit pas passer pour un frein, mais, au contraire, nous offrir la possibilité de participer activement à la préservation de notre planète. Nous privilégions donc les matériaux écologiques et fonctionnellement performants.

Dans nos métiers, où le savoir-faire manuel constitue la première valeur ajoutée, il ne s’agit pas de faire des bonds technologiques ahurissants, mais de gagner en compétitivité par le temps que nous épargnons en faisant bien les choses. Ce sont bel et bien la compétence, les méthodes de travail et l’organisation qui permettront de maintenir notre niveau de marge vital. Bien que nous ne puissions préjuger de rien, il est probable que la crise sanitaire affecte les prévisions de croissance à court terme. Aussi, nous devrons faire preuve d’ingéniosité pour répondre aux enjeux économiques du marché. Il est certain que des progrès pourront être faits au niveau des circuits courts, de la proximité des chantiers, des moyens de communication et de coordination digitaux. Nous avons donc un formidable projet commun à mener, celui de l’évolution de nos métiers par la créativité adossée à la technologie, mais toujours dans le but de protéger nos savoir-faire ancestraux.

Olivier Cots
Directeur général Constantin S.A.