Constantin SA : la responsabilité du bien-être, de la sobriété, de la pérennité
Alors que l’automne s’est installé, je jette un regard sur la première partie de l’année, tant pour Constantin SA que pour l’économie suisse : nous traversons une période où prudence et anticipation doivent plus que jamais aller de pair. Le produit intérieur brut suisse n’a crû que de 0,1 % au deuxième trimestre, contre 0,7 % au précédent — une croissance presque symbolique. L’industrie, et en particulier le secteur chimique et pharmaceutique, a souffert du recul des exportations, tandis que les services ont montré une résilience relative.
Chez Constantin, le premier semestre a surtout été consacré à la poursuite de projets majeurs engagés en 2024. Des chantiers qui s’étalent souvent sur deux ou trois années, parfois davantage : ils nous apportent une sécurité appréciable, mais rappellent aussi l’importance de bien choisir nos engagements. S’investir pleinement sur des travaux exigeants, avec un souci constant de qualité et de durabilité, implique parfois de renoncer à d’autres opportunités. Cette capacité de sélection est une liberté que nous revendiquons — elle nous permet de rester fidèles à notre vision : construire un avenir durable, pas à pas.
L’environnement dans lequel nous opérons est en mutation. Les experts envisagent une croissance limitée pour 2026 — autour de 0,8 % — et ces incertitudes économiques et géopolitiques contrarient certaines décisions d’investissement, pèsent sur les marges et ralentissent parfois la programmation des travaux.
Parallèlement, la pression sur le marché du logement persiste en Suisse romande. À Genève, le taux de vacance tourne autour de 0,3 –0,4 %, alors qu’un niveau de 1–2 % est jugé confortable. La réponse passera par la densification raisonnée, la construction en hauteur lorsque cela se justifie, et la reconstruction ciblée sur des sites existants. Mais ce défi n’est pas que technique : il appelle une vision urbaine. La ville est un organisme vivant ; l’architecture est, comme l’a dit l’architecte philosophe Paul Virilio, le théâtre de la ville. Chaque bâtiment et chaque transformation doivent contribuer à une scénographie urbaine harmonieuse et au bien-être des habitants.
Dans ce contexte, notre rôle dépasse la simple exécution : il consiste à accompagner les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre, à les conseiller pour valoriser leurs biens, et à garantir que chaque intervention porte réellement ses fruits dans la durée. Les grands projets publics qui ont soutenu l’activité ces dernières années tendent à se raréfier ; les rénovations du patrimoine et les interventions sur le parc existant deviendront donc centrales. C’est là que notre expertise de terrain prend tout son sens.
La construction n’est pas seulement un métier de matériaux et de techniques : c’est aussi un métier d’observation, de réflexion et d’anticipation. La ville de demain ne sera pas seulement plus dense : elle devra être plus cohérente, plus respectueuse de l’environnement et mieux adaptée aux usages. Chez Constantin, chaque projet est abordé sous cet angle, en veillant à ce que nos interventions aient du sens. Si le contexte actuel nous invite à la prudence et à la lucidité, il ne saurait nous détourner de l’essentiel : nous participons à l’édification d’un cadre de vie — et, à notre échelle, à la construction d’un avenir durable pour tous.
Olivier Cots, Administrateur et Directeur général de Constantin SA
