Circuits courts et souveraineté économique : Constantin SA avait raison
En 2025, la logistique suisse reste vulnérable aux turbulences de l’économie mondiale et aux pénuries d’approvisionnement qui en découlent. Choisir les circuits courts ne relève plus d’un positionnement militant : c’est une stratégie de continuité opérationnelle, d’efficience économique et de responsabilité environnementale. Marginale à ses débuts, l’approche de Constantin SA répond aux attentes croissantes en matière de durabilité, de transparence et de résilience, notamment dans les appels d’offres publics et institutionnels.
La loi suisse renforce les circuits courts Depuis janvier 2025, la révision de la Loi sur la protection de l’environnement (LPE) consacre une hiérarchie dans l’usage des matériaux de construction : priorité au réemploi, suivi du recyclage, puis des matériaux à faible impact environnemental. Cette logique érige les matériaux « bas carbone » en choix stratégique au cœur de la politique fédérale. Le canton du Jura va encore plus loin. Dès le 1er juillet 2025, une directive impose des taux minimaux de béton, d’enrobés bitumineux et de graves recyclés dans les projets publics. Elle encourage également les matériaux biosourcés et géosourcés, et préconise explicitement le recours aux circuits courts. À Genève, si aucun critère obligatoire ne s’impose encore dans les appels d’offres standards, l’appel à projets DÉFI’25 de la Fondation pour les terrains industriels de Genève (FTI) témoigne d’un intérêt croissant pour les démarches circulaires, côté privé.
39 % de taxe américaine : quand la géopolitique impacte nos chantiers Le 7 août 2025, Donald Trump imposait un tarif douanier de 39 % sur les importations suisses, visant à compenser un déficit commercial américain dépassant les 40 milliards USD. L’horlogerie, le chocolat, les machines ou encore les composants de précision sont touchés de plein fouet. Même si le secteur du bâtiment n’est pas ciblé directement, c’est tout un écosystème qui s’en trouve fragilisé. Les fournisseurs suisses de fixations, de tôlerie, d’automatismes ou de machines de chantier risquent un ralentissement des commandes, avec un effet en cascade sur les délais, les prix, voire l’approvisionnement local – même pour des produits fabriqués en Suisse. Dès lors, s’approvisionner à proximité devient un enjeu de sécurité opérationnelle. Certes, les circuits courts ne garantissent pas toujours des tarifs plus bas, mais ils offrent un atout précieux dans un monde d’incertitudes : la maîtrise.
Image à la une : Phare des Pâquis, Genève.

