Olivier Cots Editorial

Olivier Cots : « Fuir la routine, favoriser les échanges, agir à travers des scénarios de transformation possible »

Face à l’hégémonie numérique qui redimensionne l’organisation du travail, à une épidémie imprévisible qui rappelle au genre humain sa fragilité, et à des enjeux environnementaux auxquels il est impératif de s’associer, les entreprises du XXIe siècle sont amenées à se redéfinir, dans une certaine urgence.

Face à tout cela, notre secteur d’activité pourrait se sentir un peu à l’étroit avec son tour de main traditionnel et ses règles de l’art. Certes, le savoir-faire manuel ne sera pas remplacé de sitôt et assure une indéniable pérennité aux métiers de l’artisanat ; mais ces derniers sont aussi exposés à de nouvelles idées, aussi inattendues que révolutionnaires. En 2014, le bureau d’architecture chinois Winsun imprimait déjà les premiers murs de maison en 3D. Six ans après, cette technologie associée à l’automatisation des grues se perfectionne et crée d’intéressantes perspectives dans la lutte contre le sans-abrisme et le coût exorbitant du logement.

Ce monde qui est le nôtre, chaotique et en accélération permanente, demande aux entreprises plus d’agilité pour maintenir leur rentabilité, face aux nouveaux paradigmes technologiques et aux bouleversements soudains imposés par la crise sanitaire. Avec ou sans une deuxième vague de Covid-19, les dispositifs de précaution ont d’ores et déjà ouvert une page blanche dans la science de l’organisation. Il est donc non seulement nécessaire, mais aussi opportun de se préparer pour construire l’avenir, et produire les changements qui permettront d’assurer la croissance.

Dans l’état actuel des choses, le réflexe de suivisme consistant à imiter ses concurrents fait jouer un « coup de retard ». Il me semble préférable d’analyser notre chaîne de valeur et d’initier un système d’innovation collaboratif permanent.

De même, il ne faut plus se tenir prisonnier d’un ADN fondateur : les modèles d’entreprise sont indubitablement amenés à évoluer.
Alignés aux engagements énergétiques 2050 de la Confédération, nous pouvons aussi renforcer l’adhésion des institutions et de nos clients, en encourageant la préférence environnementale, et pourquoi pas en soutenant un ou des projets allant dans ce sens.

Un but commun, au-delà de la dimension commerciale, apporterait une satisfaction désintéressée supplémentaire à l’ensemble des collaborateurs et des clients. Cette culture d’entreprise, que je considère comme cruciale dans cette période inédite, est le socle indispensable pour une bonne collaboration des ressources humaines de l’entreprise, à l’amélioration de processus transversaux que nous ne revisitons pas assez souvent.

Une étude publiée le 9 septembre 2020 par le groupe Horizon, place la Suisse en quatrième position dans le classement de la relance économique post-Covid. Les nations en tête de la liste seraient les mieux armées pour rebondir après la crise sanitaire. Notre pays est un champion de la résilience économique, grâce à son excellent niveau dans l’économie numérique, à son niveau d’éducation et ses compétences, et à l’agilité de son marché du travail. Nous avons donc toutes les cartes en main pour surmonter la situation actuelle et ne pas renoncer à la croissance. Je conclus cet édito en citant l’économiste Patrice Duchemin, qui propose de « fuir la routine qui tient le réenchantement à distance ».

Olivier Cots
Directeur général Constantin S.A.